II
L’aile gauche de Ste-Cécile, c’était notre bâtiment:le grand dortoir, la chambre
séparée de la Surveillante, Madame Tournier, et en face les lavabos collectifs
où nous faisions notre toilette du matin et du soir.
J’ignorais comment c’était chez les garçons, dans l’autre bâtiment, mais je
supposais que l’organisation devait être la même, puisque la fenêtre de leurs
lavabos était en face de la nôtre.
Madame Tournier s’appelait Françoise, mais nous l’appelions Fifi, un surnom
de déménageur qui lui allait très bien, vu qu’elle en avait toutes les caractéristiques:
une grande girafe d’un mètre quatre-vingt, avec les épaules en forme d’armoire
normande, une tignasse noire coupée au carré, de grosses lunettes à double
foyer, et pour couronner le tout, les mollets de Raymond Poulidor! Bref, aussi
peu féminine qu’il était possible de l’être…
Fifi n’aimait personne, et surtout pas les filles qu’elle était chargée de surveiller,
car elles avaient - même celles qui étaient aussi laides qu’elles, et il y en avait -
quelque chose qu’elle n’aurait jamais plus: la jeunesse et la fraîcheur. Mais
avait-elle jamais été jeune?
Ce qui nous amusait le plus, c’était son pas pachydermique qui faisait trembler
cloisons, tables et chaises et qui avertissait tout le monde de son arrivée
prochaine bien avant qu’elle n’apparaisse; les hauts talons qu’elle portait
en permanence ajoutaient à son aspect massif et au vacarme éléphantesque
qu’elle provoquait en approchant.
De ce fait, ses rondes nocturnes dans le dortoir et les couloirs, comme ses
débarquements à l’improviste pour tenter de surprendre conversations, chahuts
ou jeux après le couvre-feu étaient toujours voués à l’échec, et les ruses de
Sioux qu’elle utilisait pour coincer les filles qui ne respectaient pas le règlement
étaient trahies par les vibrations de son arrivée!
Pieds nus, à genoux ou à quatre pattes, elle avait toujours la discrétion d’un
hippopotame, et les contrevenantes, quand il y en avait, étaient sagement
recouchées depuis longtemps quand Fifi débarquait triomphalement dans le
dortoir silencieux, l’œil mauvais…
Hélas, la colère farouche devait faire place au dépit, et le monstre stupide
s’en repartait bredouille, tandis que l’on entendait sous les draps des éclats
de rire vite étouffés.
Les beaux jours étaient partis depuis longtemps. Christine et moi étions devenues
inséparables. Nous ne nous quittions jamais, et de la même façon que j’avais
conservé la place auprès d’elle où je m’étais assise le premier jour, j’avais
bien évidemment choisi le lit à côté du sien. La fille qui l’occupait avait bien
un peu râlé, mais s’était rapidement calmée devant l’air menaçant de Christine,
et m’avait laissé son lit sans autre problème.
Les autres filles ne nous aimaient pas beaucoup; d’abord parce que nous étions
toujours ensemble et que ce genre d’amitié exclusive provoque toujours une
jalousie mesquine chez les exclues, c’est à dire toutes les autres.
Elles n’avaient jamais aimé Christine de toute façon: trop jolie, trop femme,
trop mûre pour les autres.
Mais depuis mon arrivée, c’était pire: nous nous étions mutuellement révélées,
nous nous épanouissions ensemble. Nos complexes particuliers devenaient
une force et un sentiment de supériorité lorsque nous étions réunies, et de
fait, nous étions impitoyables avec les autres et leurs défauts.
Pendant les heures de classe, elles avaient déjà du mal à le supporter, mais
le pire moment était le soir, aux lavabos, pour la toilette.
Là, alors que nous étions toutes en petite tenue, nues pour certaines, on se
déchaînait: il y avait Evelyne, son nez tordu et ses grands pieds; Mireille et
ses culottes de grand-mère qui n’avaient d’ailleurs probablement jamais vu
de lessive depuis la grand-mère en question; il y avait Hortense Paradis la
grosse Antillaise chez qui tout semblait pendre et tomber: fesses, ventre,
cuisses, mamelles, et qui sentait toujours la transpiration; et bien d’autres
cibles encore.
Entre nous deux, ce n’étaient que rires, gloussements et regards moqueurs.
Les filles nous en voulaient beaucoup, mais nous nous en fichions bien: c’était
la fin de notre frustration, la revanche des jolies sur le troupeau des laides,
enfin!
Ce matin-là, nous avions cours de maths avec Mademoiselle Cordier, une
vieille fille toute sèche avec un interminable nez pointu qui nous amusait énormément.
Je n’avais jamais aimé les maths, et je n’étais pas très douée, sans compter
que mon amitié avec Christine n’arrangeait rien; mais ce jour-là, il était impossible
de suivre de toute façon.
Toute la classe vibrait de chuchotements et de frémissements excités sous
l’œil apparemment indifférent de la Cordier dont l’autorité n’était pas le point
fort.
Je n’y comprenais rien, et je vis soudain Christine, qui avait tendu l’oreille
vers la table de derrière, se redresser en souriant. Je lui chuchotai: “Mais
qu’est-ce qu’il se passe? Qu’est-ce qu’elles ont toutes, à la fin?
- Il paraît que les garçons ont trouvé une paire de jumelles et qu’ils vont
essayer de nous regarder ce soir aux lavabos depuis leur fenêtre, pour se
branler!
- Se branler? C’est quoi?”
Christine me regarda, l’air très étonné:
“C’est vrai? Tu ne sais pas ce que ça veut dire, se branler? VRAIMENT?”
Ce fut mon tour d’être très étonnée: je n’avais jamais entendu ce mot auparavant.
Qu’est-ce que ça avait d’extraordinaire?
“Non, je ne sais pas, et alors, ça veut dire quoi?” demandai-je avec un peu
d’humeur. Je tenais à l’estime de Christine, et je ne voulais pas que mon amie
pense que j’étais sotte!
Mais, au lieu de me répondre, elle se tourna vers moi avec un curieux sourire,
une expression que je ne lui avais jamais vue, et j’étais de plus en plus perplexe.
Elle me dit dans un murmure un peu tremblant:
“Tu verras, ce soir je t’expliquerai, et je te montrerai…”
Attendre jusqu’au soir? Je ne pensais pas pouvoir y arriver. Cet air mystérieux
qu’avait pris Christine, et ce mot magique qui m’était inconnu mais qui semblait
mettre toute la classe en émoi… Qu’est-ce que tout ça voulait dire?
Je me retins pourtant. J’aurais tout donné pour savoir tout de suite, mais pour
rien au monde je ne voulais avoir l’air d’une idiote ou d’une gamine, même
et surtout pour ma Christine…
I
C’était en 1970, septembre 1970, la rentrée des classes…
J’avais dix-huit ans depuis quelques jours, et je trouvais que la vie était
écœurante, dégoûtante, déprimante et tout un tas d’autres choses encore.
J’avais raté mon bac, et mes parents avaient décrété que le “public” ne me
valait rien; en conséquence de quoi, j’allais refaire ma Terminale, “avec succès
cette fois”, dans un établissement privé, à Senlis, et en pension!
J’étais furieuse et quasiment désespérée.
Pour moi qui avais toujours vécu à Paris, Senlis et la pension Sainte-Cécile
étaient un vrai cauchemar: de hauts murs de pierre grise, pas un bruit, pas
de passants, pas de voitures, pas de métro, le désert, quoi. Le cauchemar
intégral.
On aurait dit une vraie prison, Ste-Cécile, avec ses petites fenêtres qui devaient
dater des Croisades, ses deux grands bâtiments séparés ( dortoir des filles,
dortoir des garçons ) et ses deux gardes-chiourme: Monsieur Laugier, le
surveillant des garçons, et Madame Tournier qui s’occupait de nous.
Comble de malchance, j’arrivais en Terminale, la dernière année du cycle, et
tout le monde se connaissait, sauf bien sûr la petite Sophie, la seule nouvelle
de l’année scolaire!
Le premier jour de classe, le dernier espoir qui me restait s’évanouit: les garçons!
En effet, malgré tous les tourments que j’imaginais ( et que je souhaitais en
secret, ne serait-ce que pour justifier ma colère ), je gardais un espoir secret:
que parmi toutes ces nouvelles têtes se trouve le garçon qui allait enfin s’intéresser
à moi. Rendez-vous compte: dix-huit ans passés, et je n’étais encore jamais
sortie avec un garçon! Pas comme ma copine Isabelle: elle, elle était déjà
sortie avec trois de l’école, et s’était même déjà laissé caresser par un
( mais elle n’avait jamais voulu me raconter ce qu’il s’était passé, alors je
ne l’avais pas crue tout à fait ).
Pourtant, je me trouvais beaucoup mieux qu’elle. Avec un père normand et
une mère bretonne, j’étais tout naturellement blonde avec les yeux bleus,
et je me trouvais plutôt jolie, sauf pour une chose: mes seins.
Dès quinze ans, j’étais déjà formée comme une femme, et en plus, plutôt
Marilyn que Jane Birkin, et ça n’était pas vraiment le physique à la mode
en 70…
Je vous laisse imaginer le drame intime que ça pouvait représenter pour une
fille de mon âge. J’en étais terriblement complexée. Je marchais les épaules
voûtées, j’étais repliée sur moi-même, et comme toujours dans ces cas-là,
on en concluait que j’étais infréquentable et on me laissait dans mon coin.
Je m’étais assise au hasard, à côté d’une fille, toute à ma déception: les garçons
de ma classe étaient horribles, tous! Des boutonneux, des à lunettes, des rats
de bibliothèque, des forts en maths et des forts en thème. Là, c’était VRAIMENT
la catastrophe finale…
“Moi c’est Christine, Christine Gallard. Toi c’est Sophie, hein?” J’ai entendu
ton nom quand le prof a fait l’appel.”
C’était la fille à côté de moi qui venait de chuchoter. J’étais très surprise. Je
l’avais à peine remarquée en m’asseyant, et puis je n’avais guère l’habitude
qu’on m’adresse la parole aussi facilement.
Je bredouillai un “oui” un peu rougissant et je tournai la tête vers elle pour
la regarder mieux.
Elle était jolie, aussi brune que j’étais blonde, les yeux aussi noirs que les
miens étaient bleus. Un nez rond, un peu épaté, les lèvres charnues, je
pensai qu’elle devait être italienne ou espagnole mais sa peau était très pâle,
presque laiteuse.
Mais ce qui me la rendit instantanément sympathique, ce fut d’abord le maquillage
de son visage - oh, très léger, quelques soupçons de couleurs, la pension
n’en aurait pas toléré davantage - et surtout la divine surprise lorsque je remarquai
sa poitrine, au moins aussi développée que la mienne, peut-être même plus!
Je ne pouvais pas bien juger, à cause de ces affreuses blouses bleu pâle
( pour les filles, celles des garçons étaient bleu marine ) que l’on nous faisait
porter par-dessus nos vêtements, mais j’étais sûre qu’elle en avait au moins
“autant que moi”.
Je n’étais pas la seule avec qui la nature avait été cruelle ( puisque c’est
ainsi que je voyais les choses alors )! J’eus immédiatement un élan de sympathie
pour cette fille “aussi mal lotie que moi”; je répétai mon “oui” de façon beaucoup
plus chaleureuse, et nous commençâmes à discuter, chuchotant assez bas
pour que le prof ne nous entende pas. Cela aurait été gênant de se faire
attraper dès le premier cours, mais je serais bien incapable de vous dire en
quoi ce cours consistait! Jamais on ne m’avait autant et aussi facilement
parlé, et jamais je ne m’étais sentie aussi proche de quelqu’un auparavant.
De ce jour nous devînmes inséparables. Oubliés, la pension Ste-Cécile, les
hauts murs gris, les surveillants, les garçons tous plus laids et bêtes les uns
que les autres. Nous n’allions plus nous quitter. Christine, qui était un peu
plus vieille que moi avec ses dix-huit ans et demi, m’emmenait sur les chemins
de l’amitié et de l’amour. Avec elle, j’allais faire de très agréables découvertes…
Avant-Propos
Voilà une bonne dizaine d’années, une mienne amie, Sophie P., me confie
un manuscrit ( un vrai, écrit au stylo sur un cahier ) en m’expliquant qu’il
s’agit des premiers chapitres d’un “roman érotique” qu’elle est en train
d’écrire, qu’elle envisage de le faire publier une fois terminé, et qu’elle
aimerait mon avis avant de continuer.
Je commence donc à le lire, avec une certaine circonspection, sachant hélas
que l’érotisme au féminin a parfois tendance à s’égarer dans le gnangnan
tropical à la Emmanuelle ou pire encore, dans le cérébral chiant et sensuel
comme un manuel de psychanalyse.
Après lecture, j’étais assez partagé: si certaines scènes et passages avaient
une charge érotique bien réelle, le style d’écriture était franchement pataud,
et le scénario donnait une impression de déjà-vu.
Je m’efforçai donc d’éviter le sujet pendant un certain temps, ne sachant
trop comment lui exposer mon opinion sans être blessant. Jusqu’à ce qu’un
soir, après un dîner où nous avions tous deux beaucoup trop bu, Sophie
m’avoue finalement que ce roman n’en était pas un, mais l’exacte relation
de sa propre adolescence pensionnaire, et que tout dedans jusqu’au moindre
détail était authentique et vécu. Quant à son désir de “publication”, ça n’était
qu’un prétexte pour mettre sous les yeux d’un autre des souvenirs extrêmement
intimes sans dire que c’en était, et que le fait de savoir que j’avais pu éprouver
une grande excitation à la lecture de certaines scènes provoquait en retour
une grande excitation chez elle. Le mélange de pudeur et d’exhibitionnisme
dans l’érotisme féminin prend décidément des chemins bien tortueux…
Quoi qu’il en soit, c’est avec un oeil tout différent que je repris la lecture,
et il faut bien avouer que si l’écriture était toujours aussi lourdaude, savoir
que ce n’était pas là un vague scénario pour téléfilm rose mais le récit
véridique des premiers émois intimes et lesbiens d’une jeune fille lui
donne une charge érotique autrement plus grande.
Les aléas de la vie m’ont fait perdre de vue la charmante Sophie depuis
longtemps, mais ce manuscrit inachevé, je l’ai conservé, et je vais publier
ici les premiers chapitres; je ne crois pas que Sophie en soit jamais informée,
mais je me plais à penser qu’elle serait heureuse que ses souvenirs très impudiques
provoquent frissons et émois chez quelques lectrices et lecteurs complices.
Voici donc “Les Bonheurs de Sophie” ( c’est le titre qu’elle avait choisi ).
Tu voulais voir ma jouissance,
Eriger ta puissance,
Goûter le plaisir des mots
Pétillants aux lèvres humides.
Un rideau transparent tendu sur la scène ;
des vagues l’ondulant de courbes sucrées, arrondies, obscènes.
Une plage de sable fin étincelant au soleil
Et au loin ces alvéoles oubliées par la mer,
Matrices miroitantes.
Tu courais tout au long sur le sable brûlant
Sous mes voiles, sous mes ailes,
Mouvant à marée basse,
Happé par l’océan,
L’océan de mes yeux, de ma bouche, de mon sexe,
L’océan de tes yeux, de ta bouche, de ton sexe,
De nos sexes
De mon sexe.
OUVREZ LE RIDEAU
… transparent, tendu sur la scène…
J’étais, et toi aussi tu devais être, dans cette rue,
Dans ce jardin,
A cette soirée ou dans mon bain
Nue sous la mousse,
Et mes seins et ta bouche
Et ma soie et ma bouche
Et tes yeux et mes seins.
PREMIER TABLEAU
Je marche droit vers toi.
Tu es assis en face,
Juste en face.
Je m’arrête près de toi,
Juste en face.
Tu es assis.
Mes seins granitent le voile,
Ton regard glisse dans le ruisseau de nacre.
Tes mains peuvent, sur mes jambes.
J’ai la bouche pâlie.
Tes mains peuvent,
Juste en face.
Tu veux des mots de moi,
Des cris de moi,
Des supplications de moi.
Je dirai des mots de doigts
Tendus,
Pendus au temps
Du désir qui s’allonge…
SECOND TABLEAU
Tu tires sur la table
La sacoche noire.
Tu te lèves,
Te déshabilles,
Ouvres la sacoche noire.
Mes mains peuvent, devant toi,
Mon sexe et la sacoche noire…
TROISIEME TABLEAU
Je rampe vers l’écume salée.
Les lumières s’allument dans la salle.
Tu ensemences déjà
Dans mon sentier de sable
Des gémissements de chaise
Aux effluves de coquillage.
TIREZ LE RIDEAU
En haleine, la mer.
J’ai déconnecté et après
-sourire-
J’avais presque oublié.
Si tu t’étais connecté à la minute pile, en même temps que moi, j’aurais souri longtemps.
Tu n’es pas là.
Eh oui, mon ange, nous sommes samedi. Le samedi, tu es avec ton amie. Et tu te demandes…
Ce soir tu en sais trop. Ta douce amie, mes mots. Qui est l’autre ?
Tu lui donnes, au chaud sous la tendresse, ce fil vacant.
La fenêtre entrouverte. Les mots manquent. Je les tiens dans mes feuillets. Là.
Hier soir aussi, ta fenêtre était ouverte. Moi j’avais le rossignol et les gouttes d’eau du robinet de la cuisine.
Tu désires mes gouttes d’eau jusqu’au bout de mes enfants.
J’incarne, à côté de nos corps. Tu es là, avec moi, en permanence. Tu ne sais pas où je ne suis pas, et pourtant jamais plus là.
Tu me le dis.
En suis-je heureuse ou malheureuse ?
Plutôt heureuse malgré le jamais plus là.
Et je t’aimerais bien, sans le bien, comme ça.
Tu noues ta vie à la mienne. Je fais mon existence. Un ange n’a pas d’âge, un ange n’a pas de sexe.
Ca te dérange, mon ange, que je t’appelle mon ange ?
As-tu dit en avoir un ?
Oui, tu l’as dit.
Ce n’est pas le manque de corps qui m’habite, c’est autre chose dont il s’agit.
Je ne sais pas bien, mon ange.
Les mots, c’est toute la vie. On ne fait que ça. On en jette, on en gaspille… mais peu importe, le tout est d’arriver au but.
Ne me demande pas quoi, je ne saurais pas dire.
Non, je ne te demanderai pas. On ne cherche que soi.
Mais rien n’est grave, mon ange, juste un peu fatigant.
J’ai dit que je ne passerais pas de la semaine, mais comme tu ne me crois pas, tu me laisses une trace de ton passage.
Pour ne rien dire ?
Juste pour que je me souvienne que je suis passée , que je t’ai lu.
Tiens-tu tes promesses ?
Si oui, j’ai bientôt fini mes trente pages.
Tu devais me faire l’amour contre trente pages.
Nous avions parlé de Colette. Tu voulais me faire écrire. Tu me désirais.
Un soir où tu avais bu…
Tu ne m’as pas dit que tu avais bu.
Tu me désires toujours, je ne mets pas en doute ta parole ; mais tu as dû écrire cela avec un autre état d’esprit que celui de promettre. Chose que tu ne fais jamais.
Soit, je le reconnais: tu désires toujours.
Tu ne fais jamais.