Langoureuse au soleil de midi,
Elle esquisse un pas de danse.
Fière et nue autant qu’à sa naissance,
Elle glisse dans l’air alourdi.

Impudique, petit à petit,
Dans l’éther brûlant qui vibre
Elle élève en étrange équilibre
Ses deux bras d’un geste ralenti

Un instant, le temps semble figé.
Dans l’air trop chaud qui oscille.
Les seins pleins et tendus, immobile,
Son corps prie, en sa gloire érigé.

Elle est la tendresse et le plaisir.
La beauté de sa nature,
Offerte et merveilleusement pure,
Est une hymne glorieuse au désir.

Elle est la caresse sur la peau
Elle est le corps qui exulte
Et prêtresse de l’unique culte,
Elle est seul socle et seul chapiteau.

Elle est temple, et dans sa nudité,
Elle est la femme éternelle,
Epouse autant qu’amante, elle est celle
D’où jaillit toute fécondité.

* * *

Langoureuse au soleil de midi
En un dernier pas de danse
Fière et nue autant qu’à sa naissance
Se dissout dans l’éther alourdi.

signé : Marc Tihon



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