Bien qu’on trouve des traces de cette pratique dans des civilisations très diverses, comme par exemple en Egypte où l’on a mis au jour des statues antiques figurant des personnages aux membres liés, le bondage stricto sensu est à l’origine une technique japonaise qui était utilisée pour torturer les prisonniers. Au fil du temps, sa fonction première a disparu tandis qu’augmentait sa charge érotique/symbolique pour devenir finalement un pilier de la culture sado-masochiste.

Nous ne traiterons pas ici du bondage « hard » tel qu’on le pratique dans les milieux SM, qui fait l’objet de rituels fétichistes complexes et parfois douloureux.
En pénétrant l’érotisme quotidien de couples à la sexualité moins extrême, le bondage a perdu son caractère de supplice pour devenir un simple jeu de formes et de situations, et c’est cette variante soft qui nous intéresse ici.

Les Cinq Commandements du Bondage :

Plaisir sexuel :

Permettre un accès aisé aux zones érogènes, mises en évidence par la position du sujet ou par les liens eux-mêmes ( par exemple en s’entrecroisant autour des seins pour une femme ou du pénis pour un homme ). La zone ainsi entourée devient ipso facto plus visible, exhibée et impudique, surtout si en parallèle la personne est attachée dans une position que l’on dira « offerte », c’est à dire immédiatement accessible à un acte sexuel.

C’est bien entendu ici l’aspect visuel et la situation qui créent la charge érotique. Les liens devront être peu serrés car il ne s’agit évidemment pas de créer une souffrance physique mais de stimuler le désir pour les deux parties, le tourmenteur et le tourmenté.

De même, on pourra utiliser toute une panoplie de vêtements et/ou d’instruments divers, toujours de façon ludique, évidemment, afin d’augmenter la crédibilité de la situation et l’excitation qui en découle, ou à l’inverse se servir de sex-toys et autres gadgets de plaisir pour « torturer sa victime » jusqu’à l’orgasme…

Esthétisme :

Les liens permettent de mettre en valeur l’anatomie du sujet, la géométrie et la rondeur des formes, donner un ensemble esthétique en harmonie avec les liens, le décor et la situation.

NB : ne pas oublier de contempler le résultat artistique obtenu grâce à une paire de cuisses symétriquement ouvertes ou une croupe coercitivement cambrée d’un œil lubrique et de ponctuer d’un commentaire narquois et égrillard du type « tu es particulièrement désirable dans cette position, je devrais te laisser comme ça toute la journée »

Contrainte :

La technique vise à maintenir dans une position partiellement ou totalement fixe les membres du corps du bondagé ( c’est le mot utilisé dans le jargon des amateurs avertis ), afin d’annuler sa capacité à se « défendre » contre les caresses, chatouilles, attouchements, pénétrations, etc. du tourmenteur. La signification en est : « je suis totalement à ta merci, tu peux me faire tout ce que tu veux, mais comme je sais que tu ne me veux que du bien, c’est une fausse peur et une vraie excitation ».

La torture :

La torture doit rester un jeu et en aucun cas ne générer une souffrance physique – et encore moins mettre la vie du bondagé en péril, bien entendu – . Les liens sont fermement fixés pour le réalisme de la situation entre les partenaires, mais pas serrés au point d’être douloureux.. C’est un simulacre de torture, un jeu cérébral du type « je suis Angélique et toi le beau pirate qui me tient captive et me violente ». Encore une fois, c’est la situation qui crée l’excitation, la vulnérabilité du bondagé et les 0,05% de peur instinctive qui subsistent en lui. Si l’on sort de ce cadre, on sort du jeu et on entre dans un autre type de relations, en dehors du sujet qui nous intéresse aujourd’hui.

L’humiliation :

Le corps peut être maintenu dans une position particulièrement impudique ou humiliante, ce qui est générateur de plaisir au moins autant chez l’attaché que chez l’attachant. Une position exposant très crûment les organes génitaux, ou une position dite « croupe en l’air » seront vécues de façon gênante et donc excitante. Pour intensifier le jeu, on peut bander les yeux de la personne afin qu’elle anticipe tous les tourments possibles puis qu’elle les subisse de façon inattendue ou soudaine. Les divers gadgets ou instruments utilisés produiront un effet décuplé, tant il est difficile d’identifier un objet sans le voir. A l’inverse, on peut aussi annoncer à la victime le menu de ses tourments à venir, sachant que l’individu privé à la fois de la vue et de la liberté de mouvement va visualiser mentalement et anticiper les sensations, les rendant d’autant plus fortes. De même, une caresse impromptue, en particulier sur une zone érogène, puis subitement interrompue, puis reprenant ailleurs aura sur une personne aux yeux bandés des effets particulièrement forts et encore augmentés par l’impossibilité d’utiliser ses mains dans le geste instinctif de protection.

On l’a vu, la clé d’un moment érotique réussi, comme une séance de bondage, c’est la confiance totale et le désir réciproque des deux partenaires.

De plus, il ne faudra jamais négliger quelques précautions élémentaires pour que ce moment à haute charge érotique ne dérape pas par bêtise ou négligence : ne pas serrer les liens au point d’empêcher la circulation du sang, ne jamais placer de lien en étranglement autour du cou, même simulé ; s’assurer que les liens puissent être défaits ou tranchés rapidement en cas de problème quelconque, et bien évidemment ne pas laisser seule une personne attachée.

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