Dans l’alcôve alanguie où l’encens se consume
Sous les draps chiffonnés ta splendeur étalée
Offre à l’œil et la main collines et vallées
En courbes merveilleuses et délicieux volumes.Ta peau toute en frissons que le plaisir parfume
Est chemin de tendresse aux grisantes allées.
La pointe de tes seins sous la caresse huilée
Se durcit dans l’ardeur du désir qui s’allume.
Les feux se sont éteints dans la pièce assouvie
Où les heures ont passé consumant la chandelle,
De rire en feulements, de touchers en envies.
Il ne reste dans l’air que senteurs corporelles,
Sur le lit deux amants aux lèvres embrassées
Et les corps éreintés des amours enlacées.
signé : Marc Tihon
Quand nos corps taris, trop vieilles fontaines,
Seront crépuscule annonçant la nuit,
Nous assoupirons l’ombre de nos peines,
Le regard aimé pour unique appui.
Un soir fait de paix et d’ombres lointaines,
Les rosiers en fleurs grimpant sur le puits
Empliront de calme et d’odeurs sereines
L’éther traversé par de vagues bruits.
La main dans la main, d’une ardeur ultime
Nous partagerons cet instant sublime
Enlaçant nos cœurs dans le demi-jour.
Nous nous éteindrons quand viendra la lune :
Nos âmes enfin n’en feront plus qu’une
Brûlant de tendresse et vibrant d’amour.
signé: Marc Tihon
Les curés ignorants, quand ils parlent des anges,
Les font asexués. Peut-on, en vérité
devant tant de beauté, de grâce sans mélange,
Douter un seul instant de leur féminité ?
Pour veiller sur mes nuits tout autant que mes jours,
J’ai mon ange gardien. Je lis dans son missel
Et parfois, de son aile, il me fait un séjour
Et m’emmène avec lui jusqu’à l’ultime ciel.
Notre prière est tendre et nos doigts qui s’unissent
Composent à l’amour une hymne à quatre mains.
Ses accords envoûtants caressent et frémissent,
Font trop vite passer du soir au lendemain.
signé : Marc Tihon
Mes mains t’ont contemplée et te sentent encor
Mes oreilles ont chanté ta chaude jouissance
Ma bouche a respiré tes humides fragrances
Et mon nez à goûté le parfum de ton corps.
Pour sublimer l’appel, gardons paupières closes
Et cherchons-nous l’un l’autre, en aveugle, à tâtons.
Nos rires sont silence et tout en demis-tons
Et nous sentons le feu de nos sens qui explosent.
signé : Marc Tihon
Langoureuse au soleil de midi,
Elle esquisse un pas de danse.
Fière et nue autant qu’à sa naissance,
Elle glisse dans l’air alourdi.
Impudique, petit à petit,
Dans l’éther brûlant qui vibre
Elle élève en étrange équilibre
Ses deux bras d’un geste ralenti
Un instant, le temps semble figé.
Dans l’air trop chaud qui oscille.
Les seins pleins et tendus, immobile,
Son corps prie, en sa gloire érigé.
Elle est la tendresse et le plaisir.
La beauté de sa nature,
Offerte et merveilleusement pure,
Est une hymne glorieuse au désir.
Elle est la caresse sur la peau
Elle est le corps qui exulte
Et prêtresse de l’unique culte,
Elle est seul socle et seul chapiteau.
Elle est temple, et dans sa nudité,
Elle est la femme éternelle,
Epouse autant qu’amante, elle est celle
D’où jaillit toute fécondité.
* * *
Langoureuse au soleil de midi
En un dernier pas de danse
Fière et nue autant qu’à sa naissance
Se dissout dans l’éther alourdi.
signé : Marc Tihon